J’ai un rêve

Je me souviens comme si c’était hier. C’était l’été 1999, j’avais 16 ans, et j’étais sur la montagne dans un  camp scout avec environ 50 camarades garçons de ma paroisse. Le thème de cette année là était : « J’ai un rêve » je me souviens d’avoir lu et relu la question imprimée sur le petit livre- guide de l’expérience : « Quel est mon rêve ? ». Dans cet espace blanc, en bas, je sentais que d’immenses possibilités s’ouvraient devant moi, mais que j’étais incapable de me décider pour une d’entre elles.

Autour du feu de fin du camp scout, chacun de nous partageait avec le group son rêve . En ces jours une réponse apparut dans mon cœur d’adolescente : « mon rêve est que tous puissent avoir le droit de rêver » et  donc je l’ai partagée avec mes camarades. Je reconnais dans cette réponse une étincelle de ma vocation missionnaire, cadeau que je n’ai pas mérité mais que j’ai reçu gratuitement.

Le droit à rêver, qui m’était largement donné, au contraire à beaucoup d’autres dans le monde était injustement et abondamment nié.

Petit à petit, doucement, avec le désir d’être fidele à mon rêve, je donnais de petit pas : le volontariat dans l’école pour les enfants immigrés, l’inscription aux cours du Diplôme universitaire en Sciences Sociales  pour la Coopération, le Développement et la paix, la participation  à l’école de mondialité  au sein du Mouvement Jeunesse Salisienne auquel j’appartenais.

Mais mon cœur demandait toujours plus. A ma porte frappait avec toujours plus d’insistance l’appel du Seigneur Jésus «  Viens et suis moi ». Je ne pouvais plus dire « no », ou  tromper le temps et moi-même en disant «  Attends, Seigneur ».

Quand j’ai connu les Sœurs Comboniennes j’ai senti la paix et la joie d’être chez moi, dans une maison grande comme le monde, habitée par le Christ ressuscité, qui m’invitait à ne pas craindre et à aller annoncer que Lui, il est toujours avec nous. !

Après les premières années de formation à Granada, en Espagne, et à Milan en Italie, j’ai fait ma profession religieuse le 2 juillet 2011, et j’ai reçu ma première affectation, le Brésil.

Actuellement je me trouve à Porto Velho, capitale de l’état de  la Rondonia, dans la région  de l’Amazonie. J’appartiens aux Réseau intercongregationnel « Un cri pour la vie » qui travaille sur tout le territoire national dans la prévention de la traite des personnes dans ses multiples  aspects de travail  noir, exploitation sexuelle, adoptions illégales et commerce d’organes. La traite est une plaie sociale très présente  dans les  contextes urbaines et aussi rurales, et que demande un fort travail de sensibilisation et conscientisation surtout parmi les couches sociales plus simples de la population,

qui sont plus facilement trompés et manipulés par les réseaux criminels très organisés.

Je collabore aussi avec les Pères Combonienes dans la zone missionnaire le long du fleuve Madeira,  majestueux et beau, mais profondément blessé dans son équilibre à cause de la récente installation d’une méga idroelectrique, une zone qui manque de politiques publiques, surtout en termes de santé et  éducation.

« J’ai un rêve »…Durant ces années, le rêve est devenu toujours plus large…qui  a des rêves plus grands que les miens c’est DIEU, qui chaque jour me demande de participer de sa vie, de ses désirs, en écoutant la vie et les aspirations de mes frères et sœurs, surtout des plus petits et abandonnés, où Il aime se cacher, pour que je puisse sortir et aller Le chercher.

 

Sr. Chiara Dusi

 

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