Quelle coïncidence, un jour après notre arrivée en Haïti, il y a eu un tremblement de terre de magnitude 7,2, tout bougeait. J’étais dans la voiture avec une autre religieuse et deux prêtres jésuites, qui nous accompagnaient dans notre nouvelle communauté. Nous avons dû sortir rapidement de la voiture et une fois sortire de la voiture, c’était comme si était entré de danser. En regardant autour de nous, on voyait comment les maisons bougeaient d’un côté à l’autre, et on attendait voir á quel moment ces maisons fragiles et peu sûres allaient tomber sur nous. On voyait Les gens courir en criant et avec des visages effrayés et en pleurant, se souvenant probablement de ce qui s’est passé en 2010.
De gauche à droite, Sr Carmelita, mcsc, prêtre jésuite, travaillant au Service Jésuite aux Migrants, le directeur sortant et le nouveau, Sr Veronica Vázques, provinciale du MCRG et Sr Rosa M. del Socorro, mc.
La Communauté missionnaire intercongrégationnelle, connue sous le nom de CIM, était venue en Haïti après avoir entendu le cri du peuple après le tremblement de terre de 2010. La CIM avait pris conscience de cette situation d’Haïti comme une opportunité pour l’Eglise, avec une vraie culture du bien commun et un travail partagé en solidarité avec le peuple haïtien. C’est depuis une décennie que la CIM fait chemin et répond à Dieu là où la vie réclame. Après un an et demi de suspension, dû á la situation de violence et de l’insécurité vécues par le peuple haïtien, et de la pandémie de COVID-19, nous sommes de retour pour accompagner, responsabiliser et faire chemin avec ce peuple qui a subi tant de catastrophes, non seulement climatiques mais aussi politiques et économiques.
Cette fois-ci, nous avons relancé la communauté inter-congrégationnelle avec deux congrégations, les Enseignantes Catholiques du Sacré-Cœur, mexicains et nous, les Sœurs Missionnaires Comboniennes. Sœur Carmelita et moi avons dit : “La CIM était arrivée en Haïti quelques jours après un tremblement de terre qui avait secoué la capitale avec plus de onze mille morts et maintenant la CIM se réouvre avec un autre tremblement de terre qui a laissé plus de deux mille morts et des milliers de blessés”. Et comme si cela ne suffisait pas, deux jours après cette catastrophe naturelle et cette situation dramatique, une grosse tempête tropicale appelée “Grace” est arrivée sur l’île, ce qui a aggravé la situation des personnes qui se sont retrouvées sans endroit où se réfugier, car elles ont perdu leurs maisons. En bref, c’est le tableau tragique auquel s’ajoute la successive situation de la violence, de l’insécurité et de l’assassinat de son président Jovenel Moïse.
Cependant, la CIM veut continuer à accompagner le processus de reconstruction, qui ne sera plus une nouvelle de première ou de dernière page. Nous effectuerons notre prochain service à ce peuple à la frontière avec la République dominicaine avec les haïtiens déportés qui n’ont même pas un document d’identification que les protége en tant que citoyens haïtiens et haïtiennes. Nous ferons ce travail ensemble comme une Église missionnaire en communion avec les autres congrégations présentes dans notre nouvelle mission dont le nom est Anse-à-Pitres.
Depuis cette page, nous vous remercions pour vos prières et votre proximité pour ce pays d’Haïti, qui est plongé dans une pauvreté profonde et difficile. Nous espérons et mettions notre confiance en Dieu et en Marie notre Mère, pour qu’un jour ce peuple puisse jouir de la paix et de la justice dont nous parle l’Évangile.
Sr Rosa María del Socorro López Castañeda, mc
Missionnaire en Haïti


